L'invité de bleu la rochelle
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UGNIC N°66
DÉCEMBRE 2021

L’ÉDITO DU MOIS

RÉDACTION

Directeur de la publication
Anthony BRUN

Rédactrice en chef
Émilie CHAPALAIN

ÉQUIPE

Dylan BOURGEOIS
Bastien BRUSAFERRO
Mathilde DAEMS
Doriane DECOURT
Marine DURAND
Marine MAUCOUARD
Chloé STERBAC-GIRY

Chères collègues viticultrices, chers collègues viticulteurs,

De nombreux retours nous parviennent concernant des écarts très importants entre le second marché et les contrats, voire des dénonciations de contrats de la part des viticulteurs. J’entends aussi des questionnements sur le partage de la valeur ajoutée entre viticulture et négoce. Si vous me le permettez, j’aimerais commencer par un rapide retour en arrière.

Je vais prendre comme référence l’année de mon installation, c’était en 2004. À cette époque, nos exploitations ne pouvaient commercialiser que 7 hl AP/ha et le prix n’était pas celui d’aujourd’hui puisque les comptes 2 fins bois se vendaient entre 7 et 800 euros. Rappelons également que la valorisation de nos hectares de vigne ne se faisait qu’en comparaison du montant de la prime d’arrachage auquel on ajoutait la valeur d’un hectare de terre.

La situation a bien évolué. C’est le fruit d’une réflexion et d’un travail de tous les instants des viticulteurs que vous avez élus pour vous représenter syndicalement. Nous avons construit la réserve climatique, nous avons construit un Business Plan qu’aujourd’hui toutes les régions nous envient, nous avons construit un partenariat solide avec nos négociants.

Nous œuvrons depuis longtemps pour consolider encore et toujours ce partenariat, mais aussi, et surtout, nous faisons en sorte de dimensionner notre vignoble pour garantir le plus possible une régularité de rendement et de valorisation de nos entreprises. Quel serait le prix d’un hectare de vigne aujourd’hui si nous n’avions pas planté ? Nos négociants investiraient-ils autant sur un marché qui serait fermé ?

Alors oui, nous continuerons à faire en sorte que la valorisation de nos eaux-de-vie augmente surtout au vu de la surcharge sans fin de travail que l’aspect règlementaire peut nous imposer. Mais soyons vigilants et ne cédons pas aux sirènes de prix qui rendraient notre produit invendable sur les marchés, car trop cher.

Votre syndicat a toujours oeuvré pour assurer la pérennité de la filière et notamment par le travail que nous portons sur le contrat interprofessionnel. Je suis sûr que vous avez tous déjà entendu la phrase « la parole vaut l’homme ou l’homme ne vaut rien ».

À une époque malheureusement pas si lointaine, nous nous sommes battus pour que les contrats soient respectés par les négociants. Je ne vous cache pas que, même si je comprends que l’on puisse céder à des prix plus attractifs, si nous, viticulteurs, ne respectons pas les contrats que nous avons signés, comment demain, le reprocher à nos négociants s’ils se mettent à vouloir faire de même ? Dans l’agriculture en général, des questions se posent pour ne serait-ce qu’avoir des contrats. Nous nous devons collectivement de travailler pour faire en sorte de garder et de consolider ceux que nous avons déjà la chance d’avoir depuis de nombreuses années déjà.

Bonne année à tous.

Anthony BRUN, Président de l’UGVC

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